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US BOMBS - par Johan Van Mieghem pour Worst n°8 (C) - septembre 2000
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Entrevue réalisée pour le Worst N° 8 (Septembre 00)

U.S. Bombs est un groupe de vétérans du punk qui remettent à l'ordre du jour la musique traditionnelle punk rock originelle. La prolifération de nombreux groupes du même style aux Etats-Unis le prouve bien, appuyé par un label spécialisé dans le style, j'ai nommé TKO. Grâce à Epitaph et leur notoriété grandissante, il nous est possible maintenant de les voir en Europe au moins tous les six mois, et c'est lors de leur dernière tournée que cette interview a été complétée notamment lors de leur passage en Belgique début juillet 2000.

Worst: Peux-tu tout d'abord nous faire un petit compte-rendu de ce qu'a été U.S. BOMS depuis votre formation?

Chip: Les U.S. Bombs se sont formés il y a environ 6 ans. Nous jouions tous dans des groupes auparavant. Nous avons déjà aujourd'hui enregistré 5 albums dont le dernier The world est sorti fin 1999. On a changé de line up plusieurs fois comme de nombreux autres groupes: actuellement les BOMBS sont composés de Kerry Martinez à la guitare, Duave Peters au chant, Wade Waltson à la basse et moi Chip à la batterie. On se connaissait depuis longtemps et nous avons tous grandi au sein de la même scène punk.

Worst: Je crois que Johnny Two Bags qui jouait avec Youth Brigade l'a remplacé sur le dernier album et durant le précédent tour européen, mais je ne l'ai pas vu ce soir...

Chip: Maintenant il joue avec Social Distortion. Leur guitariste Dennis est mort et comme Johnny avait déjà fait une tournée avec eux avant de nous rejoindre, donc il était tout naturellement le mieux placé pour y retourner.

Worst: Donc vous êtes réduits à une formation de 4 membres maintenant?

Chip: Ouais mec, 4 membres! Il y a un ampli en moins sur scène, une personne de moins dans le bus et plus de fric à la fin de la tournée.

Worst: La Californie est un vivier produisant pas mal de bons groupes tel que Bonecrusher.

Chip: Il me semble que les Bonecrusher ont splitté, mais s'il y a un putain de bon groupe à écouter en ce moment, c'est The Pushers. Chez nous, il doit y avoir un million de musiciens donc ça génère pas mal de bons groupes venant du coin. Il y a même de grosses pointures dans des styles différents du nôtre tels que NOFX, Face to Face, et ces gars, ils entraînent toujours le public derrière eux. Les temps changent, il n'y a pas de constance tu vois.

Worst: U.S. Bombs et bon nombre de ces groupes semblent influencés par les trucs '77...

Chip: On baigne dans ce style musical depuis notre naissance! J'ai 37 ans, Duane 38, donc rien n'est nouveau pour nous, on a toujours joué ce style de musique. Ce n'est pas comme si nous essayions de recréer quelque chose. Ouais! On a toujours fait ça, je pense que c'est le bon moyen, ça balance plus pour moi, tu as la dynamique, la mélodie, l'énergie; si tu joues dans un groupe HXC c'est cool, mais je n'appelle pas ça du punk. On a pas mal tourné aux States et je crois qu'on a incité pas mal de groupes à ramener ce genre de truc à la surface. Les nombreux combos qu'il y avait avant U.S. Bombs étaient du genre Pennywise et les trucs punk de MTV. Il n'y a que dans notre ville que bon nombre de groupes essaient de jouer le style 77. Swingin Utters existent aussi depuis longtemps et on est sur la même longueur d'onde qu'eux. Ils ont d'ailleurs comme nous grandi avec le vieux punk rock traditionnel. Il y a un paquet de groupes qui font ce genre de musique et qui sont vraiment très bons.

Worst: Penses-tu que tous ces groupes oldschool soient de la nostalgie mal placée? Je veux dire, je suppose que vous ne pouvez pas recréer cela, ou bien le punk 77 est-il toujours ce qu'il a été?

Chip: C'est ce que je disais tout à l'heure, on n'essaye pas de recréer quoi que ce soit, c'est la musique qu'on aime jouer, et il n'y a aucune chance pour que la scène soit un jour comme elle l'a été dans les années 70 ou au début 80 en Californie. Dans la plupart des documentaires qu'on voit à la TV, l'histoire commence aux Sex Pistols et va jusqu'à Nirvana ou autres groupes du même genre. Du coup, on loupe toute l'histoire de Black Flag, X, The Germs et autres trucs dans la même lignée. Dans les années 70 et début 80, la scène était énorme. Ceux qui l'ont connue la comparent à la version britannique dans les années 60 mais il n'y a aucune chance que cela se reproduise à nouveau. On peut considérer qu'on porte le "flambeau du punk rock" et à partir de cela, peut-être que des jeunes qui aiment notre musique vont chercher nos influences et remonter jusqu'à la source du vrai et pur punk rock au lieu de se pencher sur la merde commerciale qu'on nous balance.

Worst: Si j'ai bien compris ton message, il faut "jouer du punk rock en 90 mais avec le respect des racines".

Chip: Absolument! On devrait toujours savoir d'où on vient quoi qu'on fasse et où on a commencé.

Worst: Penses-tu que tout a commencé en Angleterre et aux States?

Chip: Je pense que ce phénomène a dû commencer à New York et peut-être même avant avec les Stooges, MC5. De là sont apparus les Ramones et toute la zique de New York. Ensuite Malcom McLaren a repris toute l'idée originale avec les PISTOLS et en a fait une mode. Je remonterais même plus loin que cela, je dirais que Chuck Berry était un putain d'enculé de punk rocker!

Worst: La biographie de U.S. Bombs précise que Duave (le chanteur) est une vraie légende dans le milieu du skateboard. C'est une blague ou est-ce qu'il y a réellement une histoire?

Chip: Il a commencé le skate dans les seventies, il était le numéro 1 mondial au début 80 et cela pendant une paire d'années. Il skate toujours et c'est le plus vieux skateboarder rémunéré. Il skate pour une compagnie nommée Beer City Skates qui fait office de label et de compagnie de skates. Il arrache encore tout...

Worst: Penses-tu qu'il y a quelque chose en commun avec toute la scène skateboard / pop punkcore qui semble très populaire aujourd'hui en Californie?

Chip: Je pense que le punk rock et le skateboard vont de paire mais aujourd'hui il y a plein de trucs hip hop et rap qui évoluent dans ce même milieu. De toute façon, si tu veux faire un sport à sensations tel que le skate, faire des figures sur les rampes et sur tout ce qui passe à ta portée, tu as alors besoin de quelque chose de mieux que Led Zeppelin pour tripper tu vois. Tu as besoin de quelque chose de référence, un moyen pour faire exploser / extérioriser ta rage et ton énergie. Utiliser la musique peut être une solution.

Worst: Il me semble que le dernier album a été produit par un membre de Pennywise. Est-ce que ça l'a fait, malgré que U.S. Bombs ne sont pas musicalement sur la même longueur d'onde?

Chip: Pas vraiment. En fait, on a juste enregistré dans le studio de Fletcher de Pennywise et leur ingénieur a fait le reste du boulot. L'album, on l'a produit nous-mêmes. En fait, Fletcher nous a été d'un grand secours car à peine l'enregistrement terminé, on s'est envolé vers l'Europe pour la première fois et l'album devait être masterisé le jour même, du coup j'ai laissé des notes précisant comment on voulait arranger les chansons. Fletcher s'est assis devant sa table de mixage et nous a aidés de cette façon. Mais pour ce qui est de la production, on s'en est occupé nous-mêmes.

Worst: La biographie dit aussi que vous avez été influencés par les groupes britcore du début.

Chip: Les Ramones ont été un des premiers groupes que j'ai vus, mais ceux qui m'ont vraiment marqué sont les Clash. J'avais déjà un groupe avant de les voir, mais c'est là que tout a commencé! Même si nous n'avons pas les mêmes genres de problèmes aux States, je peux faire référence à un tas de trucs qu'ils chantaient. C'était vrai, c'était réel alors que d'autres groupes ne jouaient que pour la vente de disques et le blé que cela rapportait. J'aimais l'honnêteté qu'il y avait dans The Clash.

Worst: Donc U.S. Bombs n'est pas votre premier groupe?

Chip: Pas du tout. On joue ensemble depuis six ans seulement. J'ai 37 ans et je traîne mes guêtres depuis la fin des années 70, alors...Kerry a joué dans un groupe appelé Shattered Faith qui était sur le label Posh Boy.

Worst: J'ai entendu dire que votre chanteur Duane a fait un album solo avec un groupe appelé The Hunns. Peux-tu me donner plus de détails?

Chip: Je ne sais pas grand chose à ce sujet. On s'est brouillés durant la dernière tournée qu'on a fait avec Agnostic Front et Duane a décidé de rentrer chez lui. On a fait les 11 derniers concerts sans lui et quand il est rentré au bercail, je suppose qu'il a ressenti le besoin de pondre un album. Il a rejoint Shane & Rob des Pushers pour travailler ensemble. Ce n'est pas une grosse affaire, je ne les ai jamais entendus mais je suis sûr que ça assure! Il m'avait proposé d'être à la batterie sur l'album mais je n'avais pas le temps.

Worst: Est-ce juste un projet studio ou vont-ils être sur les routes pour jouer en concert?

Chip: Je ne sais pas, je ne connais aucun plan de concert de leur part, car les Pushers se débrouillent très bien et nous, nous sommes constamment sur les routes, mais qui sait?

Worst: Donc ça n'aura aucun effet négatif sur U.S. Bombs?

Chip: Non, les U.S. Bombs seront toujours ensemble, on s'aime et on se déteste tellement qu'on sera toujours là. Il y a cette affinité entre nous.

Worst: Vous avez sorti pas mal d'albums depuis que vous êtes ensemble; avez-vous lu cette chronique vous conseillant de privilégier la qualité à la quantité? Que répondrais-tu à cela?

Chip: Je suis d'accord à 100% avec ça, car notre dernier album The world est trop long. Il y a plus de 50 minutes de musique sur ce disque et c'est beaucoup trop, mais nous avons écrit toutes ces chansons, et on s'est dit: "Mettons-les toutes sur l'album, qu'est-ce que ça peut faire?". On fait plutôt ce qu'on a envie de faire. Johnny a écrit six chansons, Kerry, six aussi et Duane deux, on voulait juste toutes les réunir. On a encore des trucs en réserve, dont trois titres que nous n'avons pas mis sur The world. Le prochain album sera un beau disque bien court, et sera un croisement de tout ce qu'on a pu faire depuis si longtemps.

Worst: Je crois que vous devez une part de votre popularité actuelle aux gars de Rancid. Que penses-tu d'eux en tant que groupe et en tant qu'individus?

Chip: Je pense que c'est un super groupe et ce sont de bons potes. Ils ont été d'un grand soutien pour la scène et de cette manière ont aidé un tas de groupes.

Worst: Ils ont en effet aidé beaucoup de groupes punk-oi! comme Dropkik Murphy's, The Business, The Pressure Point, etc...mais d'un autre côté, ils sont toujours critiqués pour avoir trahi le mouvement , pour faire partie, soi disant, de l'industrie du rock...Quelle est on opinion à ce sujet?

Chip: Je sais que Tim & Matt ont fait des concerts pendant des années et s'ils peuvent se faire du blé en faisant ce qu'ils aiment, c'est parfait. Toute personne qui va se pointer chaque jour à l'usine est un vendu aussi... OK! Il n'y a aucune garantie quant tu joues dans un groupe punk. Je ne saisi pas pourquoi on pense à de la trahison. Quoi que tu fasses, tu peux avoir du succès, en tant que musiciens. Mais ce que les gens ne voient pas c'est quand faisant ça, on ne peut pas espérer avoir une pension de retraite, ni d'avantages médicaux, une couverture sociale et tout ça. Il y a, je pense, une fausse idée de la trahison. Regarde Billy Idol. Il avait un super groupe Generation X, et il a trahi son groupe pour faire une carrière solo et empocher plus de blé, ça c'est de la trahison pour moi. Ce que fait Rancid, ils ont du succès dans ce qu'ils font, ce qui est magnifique et ils sont toujours sur un label indé. Ce que je ne saisis pas, c'est que dans les 70's, il n'y avait pas de labels indés et tous les groupes qu'on trouve excellents encore aujourd'hui et qui servent de référence, étaient sur des majors. Et cela n'empêchait pas les gens de les apprécier sans se poser de questions.

Worst: Sur l'album "Garibaldi guard" il y a une chanson intitulée "Don't wanna go" qui cause de rebelles qui s'opposent à la routine quotidienne qui consiste à avoir un job stable et tout ça. Quelque chose vous a inspiré ces textes?

Chip: Ouais c'est un truc entre Duane et sa copine. Elle lui pompait l'air à propos du travail, garder un job stable, se conformer à la vie en société. Il s'est rebellé et a laissé sa rage en écrivant cette chanson la concernant.

Worst: Est-ce que ça reflète vos vies de tous les jours?

Chip: Je suis certain que ce genre de choses se reflète dans nos vies à un moment ou un autre. Ce que nous écrivons concerne la merde quotidienne qu'on rencontre; et ça change jour après jour.

Worst: Sur ce même album vous remerciez "tous les vrais punks qui vont faire leur chemin sur la terre" ainsi que "Fuck off aux extrémistes en uniformes". Aviez-vous quelque chose de précis en tête?

Chip: C'est une idée de Duane, car il hait les fonctionnaires, les cols blancs, les avocats et autres trucs du genre. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on vit dans un pays où tout est extrême, tout le monde va d'une extrême à l'autre et on trouve difficilement un juste milieu. Tu rentres dans le moule ou pas et tout le monde essaie de vivre cette soit-disant vie parfaite avec la famille, la morale et tout. Ça n'existe pas ailleurs. Tout le monde croit que les U.S.A. est le pays de la liberté, mais en fait, c'est le pays de la restriction. Vous les gars, vous n'avez pas les scandales qu'on connaît car en Europe, la prétention, la vanité sur la morale, ça n'existe même pas.

Worst: Détestez-vous tellement cela que ça vous donnerait envie de vivre en Europe?

Chip: Le fait est que chaque endroit a ses bons et ses mauvais côtés. Ce qu'on voit ici c'est bien, mais on ne voit que le haut de l'iceberg, on ne sait pas grand chose du reste et je suis sûr que vous vous avez aussi vos problèmes.

Worst: De quoi parle "Yanks & Rebs" sur le dernier album?

Chip: Duane et moi avons cette petite rivalité car je viens de Louisiane, état du sud, et lui de Californie. Il s'auto-proclame Yankee, donc c'est comme si j'étais Confédéré et lui le Yankee. On est tous des phénomènes de la guerre de Sécession et c'est le sujet de cette chanson. Le premier couplet parle des Yankees partis se battre en Europe durant la Première guerre mondiale, le deuxième couplet parle des Confédérés parcourant les tranchées dans les bois. On parle juste d'histoire, des conneries qui sont arrivées dans les U.S.A., de toutes façons, Yankees et Confédérés en ont marre de ce qui se passe aujourd'hui.

Worst: Et à propos de "Bombs not food"?

Chip: C'est juste un texte sur les bombes américaines. Quand on a enregistré cette chanson, Johnny Two Bags a demandé ce qu'allait penser les gens et on a répondu: "On s'en fout de ce que peuvent bien penser les gens". Si tu lis les paroles, tu vois bien que nos textes n'ont pas une connotation incorrecte, ce n'est pas ça du tout, c'est juste un simple texte satirique sur les bombes américaines: "J'ai dû me passer de nourriture, jouer pour des cheeseburgers, jouer dans des champs de maïs". Il y a environ deux tournées de cela, on ne voulait pas de nous dans certains concerts à cause de trucs soi-disant racistes mal perçus. En fait c'est un jeu de mot sur la phrase "Food not bombs", mais ce n'est pas contre n'importe quoi, c'est seulement contre le gouvernement et les connards qui entubent tout le monde.

Worst: Vous avez sorti un album dédié à la mémoire de Sid Vicious. Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ça?

Chip: Au départ, c'était sur toute l'histoire autour de la reformation des PISTOLS, racontant des conneries sur tout et n'importe quoi, "Fuck you Glen Matlock", etc. et Sid finissait par avoir une mauvaise réputation. L'album Never mind the opened minds est un coup de poignard aux PISTOLS. Chacune de nos chansons est une parodie d'eux dans un sens.

Worst: Cela eu un quelconque effet?

Chip: Et bien, on a été contents! Même si Sid n'était qu'un petit con, c'était un brave jeune et un héros à sa manière.

Worst: Certains le considèrent comme un héros, d'autres comme un loser. Dans quel camps étais-tu?

Chip: Un peu dans les 2. Je peux en parler dans un sens, je ne sais pas comment il a été élevé, mais moi je viens d'une famille éclatée, je me suis conduit tout seul vers la drogue et toute cette merde. Mais j'ai été suffisamment chanceux pour en sortir.

Worst: Sid est mort il y a environ 20 ans. S'il était encore en vie aujourd'hui, comment penses-tu qu'il aurait tourné? Aurait-il fait partie de la nouvelle formation des PISTOLS et profité de leur ancienne gloire?

Chip: Il aurait peut-être fait son temps, qui sait? Il serait peut-être un pâtissier homo dans une boulangerie. Je dis homo car j'ai lu des interviews où il disait s'être fait enculer par un godemiché (ndr:???).

Worst: Les élections présidentielles approchent aux U.S.A. Comment les vois-tu évoluer? Penses-tu qu'il y aura un quelconque changement?

Chip: Oh non. Les choses vont rester telles qu'elles sont aux States. Il y a deux partis politiques: les républicains et les démocrates. Tu ne peux pas être élu président si tu ne fais pas partie de l'un ou de l'autre. On entend parler de partis pour la réforme, le parti des verts mais rien n'arrive, il y a trop de blé à se faire, des lois sont passées et des gens comme moi ne les connaissent même pas. Les principaux partis contrôlent tout. Si tu contribues au parti des verts, des libertaires ou des réformistes, tu gaspilles ton argent. Il doit toujours y avoir des changements, des mensonges, des tromperies et des scandales, ce que je pense c'est que les politiciens sont juste des porte-parole pour les compagnies dominantes et ils pensent qu'on est juste des consommateurs.

Worst: L'économie américaine semble se porter à merveille. En est-il de même pour l'Américain moyen?

Chip: Il y a tellement de connards aux Etats-Unis que je ne pense pas que les bons effets soient visibles chez les mecs moyens. Ça a peut-être de bonnes répercussions sur le mec du Middle-west, mais dans les quartiers pauvres où il y a des milliers de personnes, je ne pense pas. Il y a trop de répression. Ça s'est établi comme ça et je ne pense pas que ça changera tant qu'on ne lâchera pas des bombes justement.

Worst: Le mot "streetpunk" semble à la mode ces temps-ci, penses-tu qu'U.S. Bombs fasse partie de cette catégorie musicale?

Chip: Je ne sais pas d'où vient ce mot, c'est étrange car depuis ces huit dernières années, il y a une pluie de termes comme grind core, grunge, streetpunk, etc... mais quand on est entrés dans le punk il n'y avait pas toutes ces catégories, c'est une autre manière de coller une étiquette sur les gens, on est punk et basta. C'est sûrement une nouvelle technique marketing pour les consommateurs.

Worst: Qu'est-ce que ça signifie pour vous les gars, êtes-vous d'accord sur le fait que c'est souvent utilisé au hasard quand ça convient aux labels?

Chip: Je vais te dire, on vient tous de la rue mec, on vient tous de familles détruites et on a agrandi le caniveau. On a tous été SDF à un moment ou un autre, alors si c'est ça le streetpunk, alors on est rentrés dans cette catégorie.

Worst: Je sais que vos racines viennent de l'explosion punk anglaise, mais est-ce que d'autres courants comme la Oi!, le revival des eighties, l'anarcho-punk ou le 2-tone vous ont influencés?

Chip: Tout ça ne m'a pas vraiment influencé comme l'on fait The Exploited, G.B.H., ou autres. À ce moment, j'avais déjà pris une autre direction, je me suis approché de ça, mais le punk U.S. a commencé à tourner rasta ou vers les p'tits jeunes habillés tout en fleurs, les mecs style "Protégez les arbres". Quand toute cette merde est passée je suis revenu aux trucs style New York Dolls, Dead Boys... On écoute beaucoup de groupes comme Cockney Rejects mais on ne peut pas dire qu'ils nous ont spécialement influencés.

Worst: Un paquet de groupes anglais se sont reformés ces derniers temps. Est-ce la même chose aux U.S.A., car j'ai entendu que The Avengers ont récemment enregistré un nouvel album? Sont-ils toujours dans le mouvement pour les bonnes raisons, ou essaient-ils juste de faire du pognon rapide?

Chip: Il y a des groupes qui font juste ça pour la thune: les Misfits sont revenus, c'est pour le fric, car d'après ce que j'ai compris, Danzig, l'ancien chanteur, a arnaqué ces mecs, donc je pense qu'ils ont droit à une part du gâteau. Je crois que X se sont reformés et ont fait une tournée, là aussi je suis sûr que c'est pour le fric. Mais des plus petits groupes comme China White ou Secret Hate jouent pour le plaisir. Autre anecdote, j'ai travaillé sur un show il y a quelques temps et j'ai vu Jello Biafra chanter "Chemical warfare" avec Offspring.

Worst: Comment voyez-vous l'Europe?

Chip: Aujourd'hui c'est notre premier jour, je suis debout depuis 35 heures, mais ce show en Belgique était vraiment bien. L'endroit que je préfère est sûrement Dublin en Irlande, nous y avons passé vraiment du bon temps. En plus, on aime bien l'endroit, l'architecture, les rues, l'histoire du pays. L'organisateur du dernier concert qu'on a fait nous a dit que nous avions joué dans le même club que THIN LIZZY il y a quelques années, et que les luminaires et les miroirs étaient d'époque. J'ai trouvé ça excellent, du coup nous avions pris un paquet de photos du lieu.

Worst: Le fait de tourner plusieurs jours d'affilé comme vous le faites est un choix et est-ce que ça devient la routine de faire concerts sur concerts?

Chip: On a tourné durant neuf mois l'année dernière, genre on a eu un week-end tranquille et hop on est repartis pour deux mois. Ça a toujours été comme ça pour tout le monde dans le groupe. Je suis dans U.S. Bombs depuis quelques temps, mais je faisais déjà ça depuis mes 20 ans. On aimerait passer une nuit dans nos pieux. Notre chez nous nous manque aussi de plus en plus. On attend ce concert depuis bientôt 23 heures, mais ce show efface tout. Quand on joue c'est intemporel, c'est comme une drogue. Rien ne peut remplacer la sensation qu'on a à chaque fois sur scène. Le truc dans le punk, c'est d'être soi-même.

Worst: J'ai entendu dire que le groupe avait fait une apparition dans un comedy show intitulé "Premium blend". Comment est-ce arrivé?

Chip: À chaque saison, il y a ce show où un groupe local joue après les comédiens. Ils voulaient un truc punk post apolitique, ils voulaient un groupe local pour soutenir les comédiens. Quelqu'un du show connaissait un mec d'Epitaph et lui a demandé s'il connaissait un groupe punk sur le label et quelqu'un a répondu qu'il n'y avait qu'un seul groupe punk sur ce label qui répondait à cette description, et c'était U.S. Bombs. C'était donc facile. Je crois qu'on a gagné 250$ chacun, c'est l'argent que j'ai le plus facilement gagné de ma vie. Ça s'est bien passé et des gens nous ont vus à la TV.

Worst: Qu'est-ce que nous réserve U.S. Bombs et la scène punk pour le nouveau millénium?

Chip: Qui sait, une grosse explosion dans l'attente qu'on presse le bouton. On sera toujours là, on jouera et on fera des albums. On va sortir un nouveau single sur Beer City Records. On travaille sur un nouvel album, ça va arracher, on a déjà enregistré des démos et il sera réalisé en mars 2001. Merci à tous!

-Johan Van Mieghem-
 


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